| "Martelet" ? il faut
traduire par heurtoir. mais c'étais aussi, autrefois,
une activité nocturne à laquelle, dans les
village, se livraient les adolescents. Eh bien frapper
en pleine nuit à la porte d'une maison jusqu'à
réveiller son propriétaire. Pour cela on
utilisait, autant que faise se pouvait, le heurtoir. il
y avait toute une stratégie pour ne pas se faire
attraper par la personne ainsi dérangée.
La technique le plus élaborée consistait
à attacher le heurtoir à une corde et à
tirer de loin afin d'évite les représailles
auxquelles on s'exposait. La plus classique de celles-ci
étant de recevoir sur la tête le contenu
d'un "pissador" (un pot de chambre).
le fin du fin était de prolonger la corde, du côté
du heurtoir, par un fil de laine que l'on pouvait casser
d'un coup sec afin de ne pas devoir abandonner la corde
dans la fuite qu'il fallait prendre en cas de danger !
Les jeunes se fixaient des interdits : il était
convenu qu'on ne faisait pas "lo martelet"
chez un docteur ou un vétérinaire. Pour
le reste le choix de la victime se portait volontiers
sur les plus irascibles. La porte de ceux-ci n'était
pas forcément munie d'un "martelet".
Qu'à cela ne tienne, on suspendait un objet lourd,
en général une pierre, à la porte
et on le manoeuvrait comme le battant d'une cloche. A
Cournonterral, où l'on choisissait une bouteille
plutôt qu'une pierre en guise de battant, l'objetif
que poursuivait la jeunesse en se livrant au jeu du "martelet"
était de se faire offrir à boire. |
Jacques
Cros
|

Un « martelet »
Photo
Doris Distelbarth
|