La Buse variable

C’est le nom (1), un peu insolite, d’un rapace que l’on voit couramment, perché en bord de route, sur un piquet, un arbuste, une haie, un fil de fer… Pourquoi cet adjectif de variable ? A cause de la couleur, changeante, de son plumage qui va du brun foncé au presque blanc.C’est un oiseau d’une cinquantaine de centimètres, d’une envergure dépassant un mètre. La femelle, plus grosse que le mâle, peut atteindre plus d’un kilogramme.La buse variable, buteo buteo pour les intimes (pour être complet elle est de l’Ordre des Falconiformes et de la Famille des Accipitridés), se nourrit de micro-mammifères, de batraciens, d’insectes, de vers de terre… Elle est à l’affût des accidentés de la route et joue un rôle éminent dans la salubrité publique.Buteo buteo peut effectuer des vols planés et même, à l’instar du faucon crécerelle, pratiquer la position du « Saint-Esprit ». Qu’on ne se méprenne pas, il ne s’agit nullement d’une séquence de film X, mais d’un vol sur place, contre le vent, par battement rapide des ailes.Beaucoup des sujets que l’on peut voir en hiver dans notre région arrivent de Scandinavie ou d’Europe de l’Est, voire d’Asie. Eh, c’est que l’Europe s’est élargie et que de plus le Monde est devenu un grand village ! On compte quelque 50 000 couples de buses variables qui séjournent régulièrement (enfin, régulièrement, ce sont quand même des Sans-Papiers !) en France.Nous ne sommes toutefois pas menacés par cette immigration, certes clandestine. Oui en effet, même si plusieurs chasseurs (à n’en pas douter électeurs de CNPT) se plaignent d’un excès de cette population, il faut savoir que celle-ci s’autorégule, sa survie étant liée à son environnement (nourriture, territoire).Malgré ce certaines personnes – toujours les mêmes d’ailleurs – se plaignent des mesures de protection (des avantages sociaux en quelque sorte !) dont, comme l’ensemble des rapaces, bénéficie la buse variable. Il n’est pas rare d’en trouver un cadavre criblé de plomb.








Buteo buteo sur son perchoir

Pour l’heure on ne voit guère de buse variable dans nos campagnes. Comme tout un chacun buteo buteo aime bien revenir dans son pays d’origine quand les conditions climatiques s’améliorent ! C’est qu’il est amer le pain gagné en terre étrangère !

Il en est cependant qui s’implantent (s’incrustent même ne craignent pas de dénoncer quelques-uns) durablement dans leur pays d’accueil. D’aucuns parlent d’intégration. Pour celles-là une couvaison unique d’une ponte de 1 à 4 œufs, des œufs blancs tachetés de brun, donne après une incubation qui dure de 36 à 38 jours des jeunes de la deuxième, voire de la troisième… génération.

Le cri de la buse ressemble assez à un miaulement, il est phonétiquement traduit par la graphie « hièèh ». Ah, l’apprentissage de la langue des oiseaux de France n’est pas évident ! Et encore il n’est question ici ni d’orthographe ni de grammaire !

(1) L’ami Pepone de Murviel nous a fort justement rappelé qu’en Occitan c’est una tartana

Jacques Cros







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