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On
trouve très souvent dans la garrigue Languedocienne, particulièrement
dans les pechs caillouteux, de ces constructions
curieuses, en pierres sèches, que l’on appelle capitelles. Elles étaient appelées
ainsi par les Romains, le mot venant du Latin caput (tête), précisément parce
qu’elles permettaient d’abriter la tête.
Le
Topo-guide des sentiers de randonnées, HERAULT
Coteaux de l’ORB et du VERNAZOBRES, édité en partenariat
avec le Conseil Général, donne une description fort juste de
leur construction : « Les
murs en sont minutieusement agencés, les pierres se superposent
et forment chaque fois une avancée de trois à quatre centimètres
sur les précédentes si bien qu’à l’intérieur, l’espace se rétrécit.
Elles se rejoignent et donnent une voûte. Au sommet une large
pierre, sorte de clef de voûte, colmate l’ouverture ».
A vrai dire on ne peut se tenir debout, et encore à condition
de ne pas être trop grand, qu’au centre de la capitelle.
Bien
que cet appareillage en pierres sèches soit semble-t-il hérité
de l’art de la construction de la préhistoire, la plupart ont
été édifiées à la fin du XIXème ou au début du XXème
au moment de l’épierrage des terrains que l’on destinait à être
plantés en vignes. Elles servaient d’abri pour les hommes, les
outils, voire les produits nécessaires à la viticulture :
soufre, sulfate, engrais...
L’épierrage
s’accompagnait également de la construction de murs en pierres
sèches pour la constitution de terrasses (rives, faisses, barres) permettant d’avoir des surfaces
moins en pente. Quand, malgré ce, il y avait surplus de pierres,
on en faisait des amas, les clapas. Très souvent les capitelles s’intègrent dans les
clapas, et même quelquefois aussi
dans les murs de soutènement.
Les
capitelles s’apparentent aux bories que l’on peut voir dans le
Lubéron. Toutefois dans le cas des bories les murs sont plus proches
de la verticale et les dalles qui ferment la toiture sont bien
plus larges. En fait il s’agit d’une fausse voûte. Par ailleurs
les bories sont de plus grandes dimensions
et ont pu servir d’habitat permanent.
Dans
la région on peut découvrir de nombreuses capitelles sur les pechs situés dans un triangle SAINT
CHINIAN / CEBAZAN / VILLESPASSANS. Pour certaines la voûte s’est
effondrée, ce qui permet de bien voir comment les murs se ferment
vers le sommet de l’édifice. On en a construit une, fort bien
faite, dans la grande salle du Musée Saint Jacques.
A
propos des clapas il est un proverbe Occitan
qui exprime, d’une autre manière, l’idée contenue dans celui
qui dit, en Français, « Il
pleut toujours sur les mouillés ». La version Occitane
donne (orthographe communiquée par notre ami Claude MOLINIER):
« Las pèiras rotlan onte i a los clapases ».
Il ne doit pas être nécessaire de traduire !
Jacques
CROS
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