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Il
s'agit bien sûr d'un micocoulier. Evidemment
comme la photo a été prise en hiver
et que son feuillage est caduc, il est tout dénudé.
On l'appelle aussi falabréguier et son nom
scientifique est Celtis Autralis. Il
appartient à la famille des Ulmacés
dont l'orme est également un représentant.
En Occitan c'est un "micocolier " mais
suivant une pratique courante dans cette langue,
on féminise le mot quand le sujet est particulièrement
gros. Ici ce serait donc "una micocolièra".
Il peut atteindre une vingtaine de mètres et,
arbre méridional par excellence, on le rencontre
sur tout le pourtour méditerranéen.
Il se satisfait d'un sol ingrat et pousse en bordure
des chemins, des routes. un arbre d'alignement dit-on,
il est également utilisé comme ornement.
Son tronc est lisse, cannelé avec l'âge,
gris cendré, son écorce est fine. Son
fruit, la micocoule, est tout petit et son noyau presque
aussi gros que lui. D'ailleurs quand il y a sécheresse
les viticulteurs se plaignent que " les grains
de raisin sont comme des micocoules" ! Au mois
de septembre, quand la drupe es mûre, il y a
sous la peau d'un brun noirâtre, un peu de pulpe
au goût sucré. Il n'empêche, on
a trouvé au Sahara, sur des sites d'habitat
néolithique, des accumulations d'endocarpes
de fruits de Celtis Australis. Comme quoi l'homme
préhistorique consommait des micocoules ! Le
bois de micocoulier a été longtemps
utilisé pour fabriquer des manches d'outils,
notamment de fouet car il est souple et qu'on peut
le tresser. Les Pyrenées Orientales s'étaient
fait une spécialité dans ce domaine.
A cet effet on cultivait le micocoulier jusque sur
les pentes du Canigou ainsi que dans la vallée
du Tech. On le désignait sous le nom de bois
de Perpignan, "Le Perpignan", étant
le manche fouet de charretier que l'on produisait
dans plusieurs fabriques de la région. Naturellement
avec la mécanisation de l'agriculture cette
activité a pratiquement disparu. A Sauve, dans
le Gard, on fait des fourches entièrement en
bois avec les branches de micocoulier. Aujourdh'ui
elles ne sont guère plus vendues que pour décorer
les intérieurs. Mais autrefois la production
était destinée à la fenaison
et la fabrication de fourches en micocoulier était
sans doute une activité importante dans l'économie
du Pays Cigalois. Avec le micocoulier en faisant aussi
du charbon de bois. Il peut également servir
en pharmacopée, contre la diarrhée,
et son écorce et ses racines permettent d'obtenir
une teinture jaune. Ajoutons encore que le bois de
micocoulier était utilisé pour les traverses
de chemin de fer, pour la fabrication de cannes, de
cravaches, de rames et les instruments de musique
à vent. Le bois dont on fait n'importe quoi
en somme, y compris les flûtes !
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