Le Micocoulier




Photo Françoise Deixonne 


Il s'agit bien sûr d'un micocoulier. Evidemment comme la photo a été prise en hiver et que son feuillage est caduc, il est tout dénudé. On l'appelle aussi falabréguier et son nom scientifique est Celtis Autralis. Il appartient à la famille des Ulmacés dont l'orme est également un représentant. En Occitan c'est un "micocolier " mais suivant une pratique courante dans cette langue, on féminise le mot quand le sujet est particulièrement gros. Ici ce serait donc "una micocolièra". Il peut atteindre une vingtaine de mètres et, arbre méridional par excellence, on le rencontre sur tout le pourtour méditerranéen. Il se satisfait d'un sol ingrat et pousse en bordure des chemins, des routes. un arbre d'alignement dit-on, il est également utilisé comme ornement.
Son tronc est lisse, cannelé avec l'âge, gris cendré, son écorce est fine. Son fruit, la micocoule, est tout petit et son noyau presque aussi gros que lui. D'ailleurs quand il y a sécheresse les viticulteurs se plaignent que " les grains de raisin sont comme des micocoules" ! Au mois de septembre, quand la drupe es mûre, il y a sous la peau d'un brun noirâtre, un peu de pulpe au goût sucré. Il n'empêche, on a trouvé au Sahara, sur des sites d'habitat néolithique, des accumulations d'endocarpes de fruits de Celtis Australis. Comme quoi l'homme préhistorique consommait des micocoules ! Le bois de micocoulier a été longtemps utilisé pour fabriquer des manches d'outils, notamment de fouet car il est souple et qu'on peut le tresser. Les Pyrenées Orientales s'étaient fait une spécialité dans ce domaine. A cet effet on cultivait le micocoulier jusque sur les pentes du Canigou ainsi que dans la vallée du Tech. On le désignait sous le nom de bois de Perpignan, "Le Perpignan", étant le manche fouet de charretier que l'on produisait dans plusieurs fabriques de la région. Naturellement avec la mécanisation de l'agriculture cette activité a pratiquement disparu. A Sauve, dans le Gard, on fait des fourches entièrement en bois avec les branches de micocoulier. Aujourdh'ui elles ne sont guère plus vendues que pour décorer les intérieurs. Mais autrefois la production était destinée à la fenaison et la fabrication de fourches en micocoulier était sans doute une activité importante dans l'économie du Pays Cigalois. Avec le micocoulier en faisant aussi du charbon de bois. Il peut également servir en pharmacopée, contre la diarrhée, et son écorce et ses racines permettent d'obtenir une teinture jaune. Ajoutons encore que le bois de micocoulier était utilisé pour les traverses de chemin de fer, pour la fabrication de cannes, de cravaches, de rames et les instruments de musique à vent. Le bois dont on fait n'importe quoi en somme, y compris les flûtes !

Article paru dans l'hérault du jour. (Jacques Cros)


Atteignant 25 m, le micocoulier est un arbre d'ornement diploïde caduque apprécié dans le paysage méditerranéen.

Élancé et régulier, le tronc qui atteint facilement 1 m de diamètre, montre à la base d'importants contreforts.

Ses feuilles sont rèches et ressemblent à celle de l'ortie. En anglais, l'arbre s'appelle d'ailleurs "arbre à ortie".

Les fruits sont charnus (drupes) et comestibles. On les nomme micocoules et on en aromatise un alcool.